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Commentaires

Jean-Marc Blancherie

Bien des spécificités nationales et européennes relativisent la notion de "retard" (d'ailleurs, celle-ci n'est elle pas elle-même un produit de la culture franco-française), et les causes structurelles des dynamiques économiques régressives surdéterminent largement les questions d'IE... Eh bien, si nous continuons à "veiller dans l'ombre"...

Francis Beau

D'accord avec vous sur l'essentiel : ras le bol de ce défaitisme permanent qui parvient à faire croire que nous sommes un pays retardé en matière d'intelligence économique ! Oui, bien sûr, le propre de ce type d'action est d'être discrète, bien sûr ceux qui en font le plus, qui le pratiquent tous les jours, les chefs d'entreprise, les ingénieurs, les commerciaux en parlent beaucoup moins que ceux qui ne font qu'en parler pour fustiger les précédents en les accusant d'être les plus mauvais du monde.

Moins d'accord sur le fait que la France serait un pays où l’on apprend aux enfants que la curiosité est un vilain défaut : je n'ai jamais appris cela à l'école, bien au contraire, Dieu merci ! En revanche, nos maîtres ont essayé de nous apprendre que la triche était un vilain défaut (ce qui n'est pas la même chose), avec plus ou moins de succès, il faut le reconnaître, dans une culture "gauloise" qui a toujours eu tendance à ériger la triche au rang de sport national ! (s'il y a une différence entre la culture "gauloise" et la culture anglo-saxonne, c'est à mon avis plutôt là qu'il faut la chercher).

Pour moi, il n'y a pas de faiblesse "chronique" de la France, pas plus en matière de compétitivité qu'en matière de renseignement. Arrêtons donc de nous flageller en resassant nos supposés retards, restons discrets et continuons à pratiquer nos métiers sans les affubler de titres ronflant, en recherchant toujours l'excellence et la performance tout en respectant les règles et les lois, et en demandant à l'Etat de se donner les moyens de faire en sorte que ces dernières soient respectées par tous à l'intérieur comme à l'extérieur.

Cela dit, l'article de B. Carayon que vous citez parle plus de "patriotisme économique" que d'intelligence économique. Il est bien difficile de savoir si nous sommes en retard ou en avance en matière de patriotisme économique, car nous sommes les seuls à énoncer et à défendre ce concept. Les autres pays, qu'ils soient adeptes de l'économie libérale ou dirigée, pratiquent autant que de besoin une certaine forme de protectionnisme bien compris, sans pour autant avoir besoin de conceptualiser sur le sujet et d'affubler ainsi le concept d'un baptême qu'ils considèrent comme aussi "tapageur" que vide de sens.

Protéger un secteur de l'économie, même s'il est considéré comme sensible, relève bien d'une certaine forme (d'une certaine dose) de protectionnisme. Arrêtons de tricher sur le sens des mots : même si protéger un secteur industriel sensible relève plus du simple bon sens (s'il est considéré comme sensible pour la nation, il va de soi que l'Etat doive le protéger) que d'une politique protectionniste à outrance (qui chercherait par exemple à protéger Danone), cela n'enlève rien au fait qu'il s'agisse bien d'une forme (modérée) de protectionnisme. Ce n'est pas en expliquant aux gens qu'un chaton n'est pas un chat, qu'on leur fait comprendre ce que c'est (un petit chat), tout au plus réussit-on à leur faire comprendre qu'on se moque d'eux.

La politique défendue par B. Carayon est bien une politique qui préconise certaines mesures de nature protectionniste. Appelons un chat un chat, et surtout cessons d'en parler et mettons la en œuvre comme le font en toute discrétion la plupart des autres pays tout en fustigant la France qui donne elle-même le baton pour se faire battre en annoncant sa politique de patriotisme économique, imanquablement interprétée par les concurrents étrangers comme une politique de préférence nationale, de fermeture nationale et de protectionnisme d'un autre âge.

Jean-Pierre Michot

Je dirai, de facon peut etre un peu provocante, que la France est, globalement, en retard en matière d´intelligence.
Non que nous ne soyions pas intelligents. Mais l´intelligence, i.e. la collecte et l´exploitation de données aux fins de faciliter la prise de décision ne font pas partie de notre culture. Nous raisonnons "top-down" et négligeons souvent une approche analytique "bottom-up" fastidieuse, ainsi que les résultats apportés par les analystes.

Contrairement aux anglo-saxons, pour qui la collecte est une fonction aussi noble que les autres.

troover

Bonjour et merci de vos remarques.

Je suis d'accord avec vos remarques sur le patriotisme économique, ensemble de mesures protectionnistes (qui me semblent utiles) qui, au passage, ne semble pas plaire à Bruxelles.

Il convient à mon sens de ne pas confondre l'intelligence économique et le patriotisme économique. L'IE est déjà une notion confuse pour beaucoup de gens, à nous de ne pas en rajouter !

J'ai aussi eu une reflexion de Monsieur Bernard Carayon en ces termes :
"Vous connaissez mon blog, vous avez sans doute pu lire ce récent billet : http://www.bcarayon-ie.com/blog/index.php?2006/10/13/13-premier-billet-d-humeur
que j'aurais également pu intituler : "Changez de siècle!""

Je ne pense pas vivre dans un autre siècle quand je tiens mes propos. Je reste convaincu qu'ils collent à la réalité actuelle des entreprises, monde avec qui je m'entretiens au quotidien, sur ces problématiques.

FJB

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