Eric Besson, Secrétariat d’Etat à la Prospective, à l’Evaluation des politiques publiques et au Développement de l’économie numérique, a présenté hier les principales mesures du plan de développement de l’économie numérique 2012. L’objectif est de "faire de la France un pays moteur de la révolution numérique". Le plan propose 154 actions qui devrait permettre "à la fois d’accélérer la croissance et de remédier aux inégalités d’accès au réseau numérique sur le territoire". Il s'appuie sur le fait que l’économie numérique représente le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale et pourtant les investissements de se secteur dans l'Hexagone sont deux fois plus faibles qu’aux Etats-Unis et trois fois plus faible que dans les pays d’Europe du Nord.
Ce plan ambitieux a également pour objectif de faire "gagner un point de croissance supplémentaire", il se construit autour de quatre grands axes :
- permettre à tous les Français d’accéder aux réseaux numériques ;
- développer la production et l’offre de contenus numériques ;
- diversifier les usages et les services numériques ;
- rénover la gouvernance et l’écosystème de l’économie numérique.
Parmi les 154 mesures du plan, de nombreuses concernent l'accès au réseau avec un "droit opposable". Le site Internet francenumerique2012.fr donne présente le plan et ses mesures ... mais le PDF ne s'ouvre pas (espérons qu'il ne s'agit que de ma configuration ... [oui ; CF note de bas de page]) je suis donc preneur de vos retours sur l'ouverture de ce document ... et du document. Je me suis donc contenté du résumé accessible sur le portail de Premier Ministre. J'ai relevé parmi ces mesures la mise en place d’ambassadeurs du numérique pour inciter les PME et les personnes âgées à utiliser internet.
[Apres lecture du document, il existe un chapitre "Adapter les formations aux besoins de l’économie numérique". Il s'agit principallement de formations pour les professionnels des métiers du numérique : informatique, technologique, logiciels, etc. La mesure n°100 propose "d'Intégrer plus systématiquement des modules de professionnalisation à la dernière année des formations initiales en sciences et technologies de l’information". Il n'y a donc rien dans ce document qui évoque les formations à l'usage d'internet en matière de recherche d'information pour tous, hormi la mise en place d’ambassadeurs du numérique pour inciter les publics sensibles à résoudre la fracture du numérique.]
Je m'étonne de ne pas lire dans les présentations de ce plan, d'incitation à mieux utiliser Internet, de formation à l'usage d'Internet. Depuis 10 ans que j'organise et anime des formations sur ce sujet , je ne constate pas que le niveau progresse ; Pire, les étudiants auxquels j'ai à faire n'ont pas de meilleur niveau sur Internet que leurs anciens. Un article du quotidien belge "Le Soir" attire l'attention sur ce point : "Les jeunes sont incapables de s’informer sur le net" ; "Les étudiants qui arrivent dans l’enseignement supérieur seraient incapables d’effectuer des recherches documentaires et informationnelles, y compris via Internet", selon une étude de réalisée par l’ASBL Edudoc et le Conseil inter-universitaire francophone (CIUF). Pourtant les quelques 2.000 jeunes qui ont répondu à l’enquête sont des habitués de Google, MSN ou Wikipédia et baignent dans l’univers du Net depuis déjà quelques années. Ce que j'observe en France est on ne peut plus similaire ; je le généraliserai aux jeunes et moins jeunes ; Le constat est identique en entreprise : sur Internet, on se débrouille, mais dès qu'il s'agit de faire une recherche sérieuse on perd son temps, quand on ne s'oriente pas vers une mauvaise source.
Il me parait donc primordial d'accompagner ce plan de développement de l'économie numérique de formation sur deux points essentiels : les bases de la recherche d'information et l'analyse des sources. N'oublions pas que sur Internet, n'importe qui peut s'exprimer et être bien référencé sur un moteur de recherche. Ces outils ne mesurent en rien la pertinence d'une source d'information, ils font remonter les sites qui crient le plus fort. Un développement d'Internet sans cet accompagnement serait nuisible à notre société des connaissances.
François JEANNE-BEYLOT
[21 oct. 22h30 : un lecteur qui arrive à ouvrir le PDF de francenumerique2012 me l'a envoyé, chez moi, il ne veut toujours pas s'ouvrir ... Bref il est ici]
Le plan marche impec, le fichier PDF s'ouvre sans aucun souci avec Firefox 3.0.03
Rédigé par: test | 24 octobre 2008 à 10:01
Et l'anglais ! Trop d'anglais sur Internet. Je suis bonne bilingue et ai l'habitude de vivre en franglais. Néanmoins, je pense à ceux qui ne le connaissent pas ou peu. Les Français n'ont pas la réputation de connaître bien l'anglais. A mon avis, c'est un frein à une bonne utilisation d'Internet. J'ai reçu un message d'erreur sur mon courriel Gmail tout en anglais. Que fait celui qui ne comprend pas ? J'ai donc répondu en demandant qu'on me le traduise ! J'incite tout le monde à demander des traductions dans ce genre de message. Ne serait-ce que pour aider ceux qui ont déjà du mal à écrire le français et ne peuvent donc pas apprendre une langue étrangère. D'autre part, je voudrais lire des éditions russes (textes et vidéos)et non des éditions européennes ou américaines traduites en russe et je n'ai pas trouvé. Cela existe surement. Si quelqu'un en connait peut-il m'envoyer les adresses : lierre76@Gmail.com
Rédigé par: asa | 24 octobre 2008 à 13:29