La crise et l'intelligence économique ? On ne parle plus que de la première et de plus en plus de la seconde ... Alors ne pourrait-on pas trouver une relation entre les deux ? C'est ce que plusieurs tentent de faire, sans chercher bien évidement de cause à effet.
J'intervenais justement hier à la CRCI de Franche Comté à Besançon dans un séminaire intitulé "L'intelligence économique et la crise".
L'INHES (Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité) a récement publié une note "A quoi sert l'intelligence économique en période de crise ?" Si ce document est plutôt orienté sur les politiques étatiques, d'où son sous-titre "Quel rôle pour l'État ?", quelques raisonnements peuvent s'appliquer aussi aux entreprises : L'IE y est définie comme "un mode de gouvernance dont l'objet est la maîtrise de l'information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité des entreprises et la sécurité l'économie" (définition d'Alain Juillet). Concernant l'aide à l'élaboration d'une stratégie, elle s'avère d'autant plus utile en période de crise ; Et quant à la compétitivité, elle est plutôt recherchée en priorité dans les moments difficiles de la vie d'une entreprise. La note de l'INHES met également en lumière qu'une crise peut donner l'occasion à un Etat de faire passer de nouvelles idées ou de réformer. Ceci est aussi valable pour une entreprise. La crise dévient alors une opportunité pour mettre en place une réelle stratégie d'intelligence économique. Enfin, je rajouterai qu'une crise (et peut etre plus particulièrement celle que nous traversons en ce moment) est souvent l'occasion de revenir aux fondamentaux. Et si, comme moi, vous considérez l'intelligence économique comme un état d'esprit basé sur beaucoup de bon sens, la crise est alors, là encore, une opportunité pour nos métiers. Mon emploi du temps actuel confirme, comme je l'écrivais récemment à l'APEC, que le secteur de l'intelligence économique ne connaît pas la crise. Cette crise actuelle qui est d'ailleurs mesurée dans la premiere partie de la note de l'INHES comme étant la plus importante de l'histoire contemporaine (40 000 milliards de dollars et la responsabilité de la mort de 1,4 à 2,8 millions d'enfants d'ici 2015). Enfin, dans la conclusion du document, l'INHES propose de recevoir un mandat de l'état pour constituer un noyau pédagogique d'un enseignement à destination des PME et des fonctionnaires sur l'intelligence économique en temps de crise.
François JEANNE-BEYLOT
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